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Patrick Perrey

poème, roman, chronique, venez découvrir mon esprit pleins de mots et de maux...

Gabriel ange déchu (épisode 7)

Rebelles.

 

Le couple arriva près du collège en se tenant la main, montrant avec détermination qu’ils ne se cacheront pas, mais il ne voulait pas non plus s’afficher, pour cette raison, ils s ‘étaient assis sur le petit muret de la deuxième entrée, attendant que Mathilde arrive. Les adolescents ne parlaient pas, le cœur battant, ils appréhendaient le moment où Gabriel annoncerait qu’ils sortent ensemble. C’est ce dernier qui vit arriver Mathilde au loin, placer à l’opposer de Charlène, il lui fit signe de la tête qu’elle arrivait. Le regard du jeune métis était très dur, il ne voulait pas que les filles se battent, et voulait tout faire pour que ça se règle brièvement pour qu’il puisse partir en maison de redressement, la conscience tranquille. La brunette se dirigea directement vers le jeune homme sans s’apercevoir de la présence de Charlène, cette dernière put examiner la scène avec intention, et ce qu’elle avait vu ne lui plut pas du tout ; Mathilde avait fait la bise à son petit ami en lui posant les mains sur les hanches. Celui-ci s’était lever pour l’accueillir, il obstrua le geste, mais le mal était fait. Le jeune métis savait dorénavant que s’il y avait une bagarre ce ne serait pas Mathilde qui l’entamerait. Le regard pesant de la jeune métisse ouvrait à lui tout seule la porte aux hostilités. Celle-ci voulu se lever mais le garçon mit sa main en opposition lui demandant de ne pas encore intervenir, à contrecœur, elle s’exécuta. Ensuite, il fixa la brunette et lui déclara :

  • Je suis désolé… Hier soir, j’ai fait mon choix et je sors avec Charlène.

Dans un premier temps, le visage de l’adolescente devint blanc sous le coup du sort, des larmes coula sur ses joues, enfin elle rougi de colère en se mettant à hurler :

  • Mais j’y crois pas que tu préfères sortir avec cette petite pute !... Plutôt qu’avec moi !!!

En un quart de seconde, le jeune homme vit arrivé dans son champ de vision, la petite métisse complètement remontée. La belle avec son survêtement de club de football américain, bleu marine. Dégageant de la rage, les yeux plissés, les cheveux attachés en queue-de-cheval, Charlène était survoltée, bondissant du coin de l’impasse, en la pointant du doigt et criant :

  • Oh ! Tu te prends pour qui pour parler comme ça !?!

La brunette, littéralement en furie, la gifla. Instantanément, Charlène s’élança sur elle en la frappant d’un coup de poing sur la pommette. Mathilde fut sonnée, tandis que son adversaire l’agrippa par les cheveux, l’emportant contre le grillage, la faisant glisser le long sur quelques mètres avant de lui faire faire un tour, l’éjectant de l’impasse. Assommée par ce qu’elle venait de subir, la fille qui c’était retrouver par terre en deux temps trois mouvements tenta de se relever mais la petite rageuse n’en avait apparemment pas fini avec elle. La jeune métisse arriva en marchant vite, l’attrapa par ce qui à cet instant, s’apparentait plus à une tignasse qu’autre chose et eut le temps de lui donner encore deux coups de genoux dans le visage avant que Gabriel ne l’empêche d’aller plus loin. La plaquant contre lui, avec un bras au niveau des épaules, l’autre à l’estomac, l’entraînant plus loin, avec tellement de difficulté que sa victime avait pris un coup de pied atteignant sa mâchoire de plein fouet, déjà lancer au moment où elle se sentit bloquée par son copain. L’attirant à distance, il lui susurra à l’oreille :

  • C’est bon tu la eu… Calme-toi… Calme-toi… Tu la eu !

Comme si elle n’arrivait plus à se contrôler, elle se défit du lien, essaya d’y retourner, la rattrapant par le pull, il la prit dans ses bras. Le jeune métis eut le cœur qui accéléra de plus belle, lorsqu’il vit arriver en courant vers eux, Fabrice accompagné de Mr Battant et Mr Girard. Le pion attrapa le garçon par le col, Mr Battant et Mr Girard chopèrent violemment les bras de Charlène, qui hurla :

  • Ah !... Lâcher-moi !

Le cri strident qu’avait poussé sa petite amie fit un électrochoc dans le cerveau du jeune adolescent qui se sentait partir en arrière, il se retourna instinctivement en balançant une droite au surveillant qui se retrouva par terre. Complètement paniqué, il se chargea de venir en aide à sa petite copine, pour ça il jeta un coup de coude qui fit exploser le nez du principal, l’impact fut si violent, qu’il fut suivi d’une gerbe de sang. À ce moment précis, Charlène n’était plus tenue que par le conseiller principal, le jeune homme tint l’autre bras de la jeune métisse et propulsa le C.P.E au sol, d’un coup de pied sur le torse, en hurlant :

  •  Lâcha-la !!!

L’homme qui était déjà déséquilibré par la résistance que lui opposait la jeune fille était tombée sèchement, laissant s’échapper la main de cette dernière. Le couple commençait à s’enfuir, quand Fabrice prit d’un excès de rage, plaqua le jeune rebelle contre le grillage de la cour, les tibias du garçon heurtèrent le petit muret, il rugit de douleur. Profitant de cette intervention, Mr Battant arracha la jeune métisse à son copain, l’écartant de lui en la tenant tant bien que mal, car l’adolescente se débattait en clamant :

  • Gabriel ! Non !.... Laissez-le !.... Lâche-moi !

Il fallut beaucoup de temps, au Principal et à Fatima, qui était venue l’épauler, pour venir à bout de Charlène. Quand elle fut emmenée assez loin de Gabriel, la jeune délinquante s’effondra en larmes, déchiré par l’image de son petit ami blessé aux bas des jambes, allonger sur le macadam, immobiliser par le pion les bras collés dans le dos.

Conjuration.

 

« Je me sens mal… Je n’arrive pas ouvrir les yeux… Mes jambes me font horriblement souffrir… Mes muscles ne semblent plus vouloir se décontracter… Cette tension… Je la ressens surtout au niveau des abdos… Une douleur qui cause un impact… Au creux de mon ventre… Contractés jusqu’aux tripes… J’ai l’impression que je pourrais en mourir de cette souffrance… Mais je ne veux pas !... Pas en ayant vu Charlène se débattre pour moi !... Pas en ayant été séparé d’elle par ces connards du collège !... Ils ne m’auront pas si vite !... Je vais me battre pour elle !.... Dans cette obscurité… Où seul m’endormir… N’est pas possible… Les voix autour de moi stimulent sans arrêt mon cerveau… J’entends qu’on m’appelle… Il faut que j’arrive à ouvrir les yeux ! » 

La première vision qu’il eut était celui du visage d’un jeune pompier, accroupis à côté de lui, qui l’appelait à revenir à lui-même. Tout transpirant de son combat courageux, face à ses blessures, le garçon ouvrit les yeux, tourna lentement la tête vers lui, exprima dans un gémissement :

  • J’ai mal aux jambes.
  • Tu as des plaies ouvertes… On va te donner quelque chose pour la douleur… Est-ce que tu te sens ensuqué ?
  • Non. Dit-il expressivement.

Le jeune pompier le mit sous perfusion, hissé sur le brancard par d’autres, Gabriel fut embarqué dans l’ambulance. Au loin, Charlène rejoint par ses amies, vivait cette scène avec désolation.

 

Quelques heures plus tard, le jeune métis se réveilla dans un lit d’hôpital, il regarda autour de lui et vit Océane qui arriva vers lui d’un pas rapide :

  •  Gabriel… Comment tu te sens ?

Le jeune homme observa ces plâtres aux jambes, et s’étonna :

  •  Ils m’ont plâtré les deux jambes !?!
  •  Tu dois rester deux mois comme ça… Tu t’es fissuré les deux tibias… J’ai loué un fauteuil roulant.

Il jeta un regard soucieux à la fenêtre. Sa mère le remarqua et déclara :

  •  Si tu t’inquiètes pour elle… Elle est dans le couloir.
  • Qui « elle » ? Rétorqua-t-il.
  • Ta copine… Elle m'a arrêté quand je passais devant le collège… Pour que je l’emmène venir te voir… Tu veux que je l’appelle ?
  • C’est bien de Charlène que tu parles ?
  • Oui… Elle a séché les cours pour venir te voir… De qui tu crois que je parle ?
  • Euh… De personne. Dit-il gêner.

Et ajouta avec supplication :

  • Tu peux aller la chercher, s’il te plaît ?
  • Ok mais il faudra que tu parles à Maître Brette. Annonça-t-elle en sortant.
  • Oui… Mais laisse-moi dix minutes seules avec elle… S’il te plaît.
  • Ça… Je m’en doute. Conclu telle.

Un petit moment plus tard, Charlène arriva tout doucement dans la chambre, en s’exclamant d’une voix douce :

  • Amour… En s’avançant les bras ouverts pour l’embrasser.

Assis sur le lit, dont il avait relevé le dossier. Le jeune homme la serra fort dans ses bras. Relâchant toute la pression qu’il y avait encore en eux, la jeune fille reprit :

  • Je ne savais pas ce que tu avais. Lui chuchota-t-elle en éclatant en sanglots.

La consolant, il dit d’une voix conciliante :

  • Je vais bien ne t’inquiète pas.
  • Non, ça ne va pas… Regarde tes jambes !

Il Contesta :

  • C’est rien ça !
  • Oui !... Mais c’est de ma faute. S’exclama-t-elle.
  • Non! ...Arrête… Je suis venu avec toi en connaissant les risques. Affirma en la fixant dans les yeux.

Ils passèrent un moment à se cajoler, jusqu’à ce que l’avocate et Océane frappe à la porte. Les autorisant à entrer, Charlène s’était installée sur une chaise à côté de son petit ami, lui tenant la main. Maître Brette entra dans la chambre, en allant directement poser son sac sur la table près de la fenêtre, en s’exclamant :

  • Bon… Que s’est-il encore passé Mr Urzaiz ? Demanda-t-elle d’un air hautain accompagné d’un grand soupir.

Et tout en s’attablant, la femme fixait avec insistance le jeune métis avec un regard perçant, émanant d’une grande sévérité. Celle-ci reformula sa question :

  • Alors ?... Qu’est-ce qu’il s’est passé !?!... Explique !

Le garçon ne se laissa pas impressionner, ne tolérant pas l’attitude qu’avait la femme envers lui, il répondit avec froideur dans la voix, mais aussi dans l’expression de son visage :

  • Changer de ton.
  • Comment !?! Rétorqua-t-elle, surprise.

Réitérant son propos avec une intensité plus frappante, les sourcils froncés :

  •  Changez de ton. Dit-il les yeux remplis de ténacité.
  •  Comment je t’ai parlé ? Clama-t-elle horripiler par la vanité de l’enfant.

D’un ton calme, il s’exprima :

  • Vous m’avez parlé avec condescendance… Et je déteste ça.
  • Attends mais comment veux-tu que je te parle. Tu étais déjà sous le couperet de la justice… Et là… Tu refais parler de toi encore une fois… En agressant les responsables de ton collège… Et en ayant entre autres casser le nez du principal ! Se plaint le magistrat.

Gabriel voulu répondre mais Charlène lui coupa la parole :

  • C’est de ma faute, cette fois-ci. Lança-t-elle brièvement.

Les deux femmes, visiblement obtuses, se retournèrent vers la jeune métisse, quant au regard de son petit ami sur elle, semblait vouloir conjurer ses pensées, ainsi que son intention. Mais, obstinée, la jeune fille démontra sa mise en cause :

  • C’est moi qui ai déclenché tout en me battant avec Mathilde… Gabriel ne faisait que de nous séparer… Quand le principal, le C.P.E et Fabrice… Sont venus agressivement m’arracher à ses bras… On a paniqué tous les deux… Gabriel m’a senti en danger… Et il est intervenu avec un sentiment de peur et d’amour. Plaida-t-elle avec émotion et sincérité.

En plongeant son regard dans celui de son copain, elle ajouta :

  • Si c’est la vérité que l’on doit dire… Ce que je viens de dire est la stricte vérité.

Le magistrat demanda confirmation :

  • Gabriel ?... C’est ce qu’il s’est passé ?

Le jeune métis acquiesça d’un hochement de la tête, sans relâcher sa connexion avec sa petite amie, ébahi par la détermination de cette dernière à lui venir en aide. L’avocate semblant ne posséder aucun sens d’humilité, ignora la moindre petite excuse à fournir. Sortit un grand bloc note de son sac, se rendit à l’évidence, elle devait prendre cette version des faits comme support de défense :

  • Alors raconter-moi tout depuis le début.

Les deux adolescents, avec franchise, lui rapportèrent l’affaire avec le plus de détails possibles. Un récit plein d’authenticité, créant une osmose de loyauté qui jaillissait de l’image de ce petit couple, comme un mot d’ordre naturel, épuré de tout reproche l’un envers l’autre. Depuis qu’ils s’étaient rencontrés, leur amitié était vraie et solide, leur amour fusionnait ses qualités avec une alchimie germant d’une puissante complicité. Lorsqu’ils finirent de raconter ce qu’il s’était passé. Océane observa le visage du magistrat qui changea, visiblement très intriguée. Tout doucement, émergeant de sa réflexion, elle leva les yeux vers Charlène, et s’exprima en ses mots :

  • Serais-tu près à témoigner ?

L’expression de la petite métisse se décomposa, un nœud à l’estomac, elle s’informa :

  • Il faut l’autorisation des parents ?
  • Un seul suffira. Proposa l’avocate, ne cachant pas ce qu’elle sous-entendait.

La jeune fille répondit d’un hochement de la tête, appréhendant de devoir comploter avec son père ou sa mère, pour pouvoir avoir le privilège de contre balancer le poids des accusations à l’encontre du garçon qu’elle aime.

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